La douleur


L'incision

En principe, l'incision autour du cou est ce qu'il y a de plus douloureux pour le patient mais la douleur est très bien contrôlée. Je ne pourrais pas dire que c'est ce qui m'a fait souffrir le plus. C'est plutôt une désagréable sensation d'étranglement. C'est comme si une gigantesque main d'acier vous agrippait par le cou.

Les succions profondes

Les succions profondes sont inévitables peu de temps après l'opération. C'est définitivement ce qu'il y a de plus douloureux et désagréable. D'abord, quand le cathéter arrive à la hauteur des poumons, on étouffe, tout simplement. Puis on se met à tousser comme un déchaîné. La douleur que ça cause dans le cou est indescriptible. On sent circuler le sang dans les veines comme si une vipère s'enroulait rapidement autour du cou. En plus, il y a la douleur au niveau du tube connecté à l'estomac sans parler de la gorge et des poumons. Heureusement, je n'en ai eu besoin que de trois. Les succions qui suivront si je devais en avoir besoin ne seront pas aussi terribles. On passe de la douleur au désagrément.

Le prélèvement de peau sur le bras

La plaie laissée sur mon bras représentait ma plus grosse crainte concernant la douleur. On a découpé de la peau sur une surface d'environ six par dix centimètres et une veine sur toute la longueur de l'avant bras. Pour tout dire, c'est ce qui est le moins souffrant, même quand on change les bandages. Le bras ayant été immobilisé pendant plusieurs jours, ça fait plus mal d'essayer de le faire bouger. C'est tout de même très sensible.

Le prélèvement de peau sur la cuisse

Au début, on ne sent presque pas la plaie sur la cuisse. On l'a enveloppée dans une pellicule moulante collée à la cuisse pour empêcher le sang et le liquide lymphatique de couler. Après quelques jours, on remplace la pellicule par un bandage pour que les tissus puissent sécher et reprendre leurs textures normales. Sécher: c'est le mot qui fait mal, très mal. J'ai les yeux grands ouverts quand on vient changer ce pansement. Ce doit être fait tous les jours. Quand on retire le bandage, on doit mettre beaucoup d'eau pour le décoller d'après la plaie. Éventuellement, on laissera tout ça à l'air libre.

Avaler

On ne peut s'empêcher d'avaler sa salive. Quand on le fait pour la première fois après le réveil, ce n'est pas la fin du monde mais ça ne fait pas de bien du tout. C'est comme une laryngite. J'ai pu éviter d'avaler en aspirant ma salive à l'aide de la machine à succion. Ça redevient très tolérable après cinq ou six jours.

Le tube à l'estomac

Ils ont de toutes évidences percé mon estomac pour installer le tube qui servira à me nourrir. Cette perforation me fait mal surtout quand je tousse. Cette douleur s'est beaucoup atténuée après quelques jours. C'est quand même une région sensible. La plaie autour du tube est bien pansée (c'est bien orthographié). On doit veiller à ce qu'il n'y ait pas d'infection.

Les sondes (ne pas confondre avec la chanson de Charlebois, Les ondes)

Il n'y a rien de plus désagréable que les sondes (cathéter qui mène à la vessie par le canal urinaire), surtout quand vient le temps de se déplacer. Messieurs, si vous en avez déjà eues, vous savez de quoi je parle.

L'intraveineuse

L'intraveineuse ne fait pas mal. On a dû me la remplacer à deux reprises. Quand l'aiguille est insérée dans la veine, on ne sent plus rien.

Les prises de sang

Les prises de sang, personnellement, c'est le dernier de mes tracas.

Le poil

On utilise beaucoup de ruban gommé pour coller les tubes et les pansements. Quand vient le temps de les changer, ça vous tire le poil et ça fait mal. C'est sûr qu'après s'être fait tranché la gorge on ne s'en plaint pas trop mais si vous devez aller en chirurgie, rasez vous les avant-bras et la poitrine, ce n'est pas de la coquetterie.