Journal de bord

Le samedi 29 novembre 2008

Je n'aurais jamais cru vouloir écrire à nouveau exactement trois ans après être entré à l'hôpital. Je n'ai pas l'intention d'écrire régulièrement comme je le faisais mais je dois dire, sans prétention, que je suis plutôt fier du chemin parcouru depuis le temps et qu'il fallait peut-être que j'en parle un peu. Alors voilà...

En écrivant la dernière ligne de mon journal de bord en juin 2006, je me disais qu'il fallait tourner la page, que je devais faire face à ma nouvelle vie sans (trop) regarder derrière. Pas évident! Les premiers mois après la fin des traitements n'ont pas été aussi faciles que je l'avais pensé. Dans le tourbillon des rendez-vous à l'hôpital pour les traitemnets, les consultations et tout ce dont j'aurais pu me passer, je n'avais pas vraiment le temps de penser au lendemain. J'avais bien trop à faire avec le moment présent. Mais quand la poussière est retombée, quand les spécialistes ont cessé de me dire quoi faire et où aller, alors là, je me suis mis à penser. Heureusement qu'Isabelle, ma fidèle alliée de tous les jours, m'aidait à remettre en perspective chacune de mes apréhensions. C'est à la fois réconfortant de se savoir épaulé dans la maladie et difficile de voir nos proches s'en faire pour nous mais je ne me suis jamais senti seul.

Puis lentement, pas toujours sûrement, le temps a fait son travail. Je me suis remis à sortir et à revoir les gens que je connaîssais (ailleurs qu'au McDonald's ou Tim Horton's). La plupart me félicitait et m'encourageait mais j'ai parfois croisé des regards incrédules quand je parlais de reprendre le travail. "Ah oui, vraiment?".

Le dimanche 6 septembre 2009

Au début octobre 2006, je reprenais le travail à mi-temps. J'avais un billet du médecin me permettant de commencer en novembre mais je n'en pouvais plus de rester assis à la maison à ne rien faire et ronger mon frein. Je suis retourné voir le docteur O'Dell pour lui demander si je pouvais recommencer. Il m'a dit que mis à part mon léger handicap, j'étais en parfaite santé et qu'il ne voyait pas ce que je faisais chez-moi alors que je pourrais très bien reprendre une vie normale. Néanmoins, politique de retour au travail oblige, j'ai recommencé petit à petit à faire du travail administratif au Conseil. Et c'était bien comme ça. Je ne me serais pas vu reprendre là où j'avais laissé. C'aurait été trop difficile. Je commençais tout de même à faire sourciller les sceptiques, ce qui me donnait de l'énergie pour continuer.

Le dimanche 16 janvier 2011

Cinq ans déjà! À ce temps-ci, en 2006, on s'affairait à retirer ma tumeur et à me rafistoler. Mes chances de guérison, selon les statistiques, étaient de 50%; pile ou face. Il faut cinq ans pour pour pouvoir affirmer que ce cancer ne reviendra pas, du moins que les chances sont plus près de zéro. J'y suis, enfin presque. C'est cinq ans après la fin des traitements, ce qui me met à la fin mai.

Le cancer peut toujours revenir sous une autre forme mais qui n'y est pas sujet? C'est vrai qu'avec mon historique...

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